Comment préserver l’efficacité au quotidien

Par souci d’efficacité, tout site de ce type qui se respecte se doit de faire une introduction, un « pourquoi ». Je me plie volontiers à l’exercice. Dans cette figure imposée, je déroule mon « USP » (unique selling proposition) – ce qui fait que ce site est unique 😉 : comment rester efficace à l’ère du digital ?

 

Ce que vous allez apprendre dans cet article :

Internet et son écosystème (smartphone, PC…) modifient profondément notre rapport à l’attention ainsi que notre production intellectuelle.

L’objectif de ce site est de vous aider à tirer profit des opportunités offertes par cette situation. Comment ? En comprenant les meilleures pratiques, en développant les bonnes habitudes pour atteindre vos objectifs, ainsi que votre efficacité. Mon obsession est de maximiser les résultats par rapport aux efforts fournis.

En lisant l’article en détail, vous comprendrez ma démarche intellectuelle et mes motivations.

Google nous rend-il stupide - Nicholas Carr

Internet nous rend-il stupides ?

La généralisation des terminaux « digitaux » modifie profondément non seulement notre façon de communiquer, mais également celle de travailler et surtout de réfléchir. Or souvent, nous n’avons pas le recul nécessaire pour comprendre si les comportements que cela induit « naturellement » sont bénéfiques ou pas. Nous sommes « portés » par la vague.

Les études tendent à montrer que l’un des premiers impacts immédiats est la diminution de notre capacité d’attention. Par exemple, Nicholas Carr, essayiste américain spécialisé dans les technologies, enchaîne les titres (un peu racoleurs) et donne le ton : « Is Google making us stupid ? » – est-ce que Google nous rend idiots ? La réponse est… oui. Au moins partiellement.

Or, dans une société dominée par les services, c’est la qualité de notre production intellectuelle qui a de la valeur. Si notre capacité à nous concentrer chute, la qualité de ce que nous produisons baisse également. J’aime bien la cette citation du fondateur des logiciels de communication Lotus 1-2-3 :

« Chercher de l’information sur internet, c’est comme boire à une bouche à incendie. » Mitchell Kapor

 

Quand vous ouvrez votre navigateur pour lancer une requête dans un moteur de recherche, attendez-vous donc à être submergé. Est-ce que vous êtes bien prêt à cela ?

La puissance des ordinateurs nous permet de décupler notre efficacité

Je suis loin d’être technophobe. J’ai donné mes premiers cours de « commerce électronique » en 2000. J’évolue depuis plus de 15 ans, par choix, à la croisée d’internet et des systèmes d’information. L’impact de l’informatique est largement positif pour les consommateurs : baisse des coûts de transaction, automatisation de tâches à faible valeur ajoutée, facilité à comparer immédiatement deux offres de services similaires…

Les conséquences sur le monde du travail sont également majeures : disparition d’emplois « administratifs », développement d’une catégorie de techniciens spécialisés… Et si d’un côté, on déplore le développement d’un chômage de masse, peu regrettent la disparition d’emplois identiques à celui du « poinçonneur des Lilas ».

 

La robotisation du monde et l’impact global sur le marché du travail

Les répercussions de ces technologies sont majeures. Et il faut « faire avec ». C’est-à-dire non pas être passif et subir, mais bien prendre la barre, autant que faire se peut. Est-ce bien pertinent de nier l’efficacité de la roue après son invention (probablement 3500 ans avant notre ère) ? « Oui, je vois bien que tu charries des blocs de pierre ou de la nourriture avec peu d’efforts. Mais moi, tu comprends, je préfère à l’ancienne, me casser le dos et prendre dix fois plus de temps ! »

Mais nous sommes ici en présence d’une évolution avec peu de précédents. Là où l’évolution technologique nous apportait des innovations décuplant notre force mécanique (voir notamment la « révolution industrielle » et l’invention de la machine à vapeur), nous assisterions à une 3ème voire 4ème révolution industrielle, en mesure de remplacer non seulement notre force physique, mais aussi notre capacité de calcul et, donc, notre intelligence.

Les impacts de cette révolution « numérique » sont encore complexes à analyser. Néanmoins, pour simplifier, nous étions dans une situation de complémentarité entre la technique et l’homme avec la 1ère révolution industrielle : l’action de Charlot sur la chaîne de montage est nécessaire pour finaliser la production. Avec le « numérique », nous sommes dans une situation de substituabilité : si votre travail est constitué de tâches répétitives et nécessite peu d’empathie, alors il y a fort à parier qu’il va pouvoir être automatisé. C’est qu’explique Daniel Cohen dans cette conférence « capitalisme et accélération numérique ».

 

Le luddisme est-il ludique ?

Ned Ludd est un ouvrier anglais qui aurait détruit des métiers à tisser au début de la révolution industrielle (1780), notamment parce que ce mode d’organisation du travail constituait un risque pour la cohésion de la communauté. Son nom est repris par des historiens, d’inspiration marxiste comme Edward P. Thomson, pour décrire les mouvements de destruction de métiers à tisser industriels entre 1811 et 1812, en Angleterre.

 

luddisme

source : Mary Evans Picture Library

Dans notre contexte, on pourrait lancer le débat de l’apport véritable de ces évolutions technologiques sur la qualité intrinsèque de nos vies et les impacts sur l’espèce humaine et la biosphère. Il existe d’ailleurs un mouvement néo-luddiste. Contre quelle invention seriez-vous prêt à abandonner votre smartphone ? L’eau courante ? L’électricité ? L’ambition de ce site est juste de vous permettre de tirer le meilleur parti des outils disponibles. Je n’aborderai les sujets de société qu’à la marge.

neo-luddisme, l'efficacité mise à mal

Qu’est-ce que Phèdre vient faire dans cette galère ?

La technologie et les outils étant là, je me propose de mobiliser, comme le fait Bernard Stiegler, le concept de « pharmacologie ».

Dans son Phèdre, Platon présente le mythe égyptien de Teuth à qui on prête l’invention de l’écriture. Le dialogue amène immédiatement à la réflexion : cette invention ayant un impact potentiellement mauvais sur la mémoire et sur la nature même de nos connaissances. Derrida développe alors sa pensée dans un texte additionnel « la pharmacie de Platon » : l’effet de l’écriture, comme un médicament, dépendrait de l’usage qu’on en fait. Selon la dose, elle est utile ou mortelle. Bernard Stiegler généralise cette réflexion avec tous les supports de mémoire, comme le permettent ceux issus du « numérique ».

N.B. : oui, c’est osé de vous induire en erreur entre le Phèdre de Racine, la référence aux Fourberies de Scapin de… Molière (« mais qu’allait-il faire dans cette galère ? ») pour atterrir sur celui Platon et l’analyse de Derrida. Phèdre de Platon est un dialogue dans lequel le personnage éponyme n’a rien à voir avec la fille de Minos – il s’agit d’un jeune athénien qui accompagne déjà Socrate dans le Banquet.

 

Développer des routines positives et tirer le meilleur des technologies

Ma conviction pour réussir à tirer profit de la situation repose sur deux axes fondamentaux. D’un côté, il est nécessaire de comprendre comment développer des « routines positives ». Si on veut tirer profit d’internet, il faut apprendre à s’hydrater à une bouche à incendie. Mais le sujet est plus large. Il s’agit de maintenir le cap – votre cap – dans un monde ultra-connecté. Donc il ne s’agit pas uniquement de maîtriser quelques outils, mais de savoir comment mener à bien votre « mission de vie » qui a toutes les chances de se faire télescoper par les dispositifs technologiques qui vous entourent (par « mission de vie », j’entends aussi bien la vocation que votre objectif principal à court terme).

Vous venez d’être taggé sur une photo d’anniversaire ? Vous venez de recevoir un coupon de réduction exceptionnelle suite à votre dernier passage au supermarché ? Votre banque vous avertit que votre loyer a bien été prélevé ? Arrêtons tout, séance tenante, pour vérifier tout cela ! Bien évidemment, apprendre à se déshydrater à une bouche à incendie, c’est aussi apprendre à maîtriser notre exposition à ces appels d’air.

L’automatisation du PC, le second pilier

Le second pilier du site, c’est de partager avec vous les meilleures démarches pour « automatiser votre PC », ce que je mets sous le vocable « PC automatisation ». Je ne suis pas sectaire, le système d’exploitation importe peu. Je parle ici de « personal computer » et plus largement de tout l’écosystème associé. Bien utilisés, ces outils vous font gagner énormément de temps et en efficacité. Par ailleurs, j’ai la conviction profonde qu’en développant ses compétences techniques dans une sphère personnelle, on devient plus à même d’anticiper certains changements. Les cursus de formation et la plupart des directions des ressources humaines sont sinon dépassées du moins démunis face aux évolutions incessantes. Il vaut mieux expérimenter soi-même – toujours dans cette optique d’être plus efficace en utilisant au mieux son temps disponible pour sa production intellectuelle (au sens large), soutenu par des outils et des modalités d’organisation puissants.

Mais ce n’est pas un peu du développement personnel ?

Ce site n’est pas à proprement parler un site de développement personnel, mais davantage sur une certaine vision de l’efficacité. Je n’évoque pas vraiment la question de « comment être mieux dans ses baskets ». Une fois que vous avez formalisé votre « mission de vie » (si ça n’est pas déjà fait), ce site vous accompagne pour vous aider à la mettre en œuvre en concevant des habitudes saines et en outillant ces routines avec des dispositifs digitaux. L’objectif principal est de vous aider à vous concentrer sur les actions sur lesquelles vous avez le plus de valeur ou que vous ne pouvez pas (encore) déléguer.

En synthèse, pour mener à bien votre « mission », une série de tâches doivent être réalisées. Certaines ne peuvent être accomplies que par vous ; d’autres peuvent être sous-traitées ou automatisées. C’est en cela que la vocation de ce site est de vous aider à être plus efficace. L’objectif n’est pas de vous faire courir plus vite dans la mauvaise direction, mais de vous donner les moyens de tirer le maximum de chaque effort fourni.

 

Pour conclure, ce site marche sur deux jambes

Logiquement, ce site dispose donc de deux sections principales consacrées aux « routines positives » et à la « PC automatisation ». Pour être en mesure de mettre en place les dispositifs adéquats pour viser l’efficacité optimale, il faut analyser nos situations respectives sous trois angles : psychologique et cognitif, organisationnel et enfin technologique.

La section consacrée aux routines positives aborde les aspects psychologiques et cognitifs. L’impact majeur de cette révolution numérique, c’est de stimuler perpétuellement notre attention – qui devient la denrée rare. Il faut donc s’armer pour déjouer l’intention, consciente ou non, des concepteurs d’applications qui nous entourent. Comment faire pour ne pas être attirés par ces applications comme des papillons par la lumière dans la nuit ?

Candy Crush addiction

 

Une fois les mécanismes derrière la captation de l’attention déconstruits, il faut reprendre le contrôle de nos habitudes. L’homme est un animal fainéant : la routine lui permet d’éviter de réfléchir, parfois dans un souci d’efficacité « « biologique » (pour mettre son énergie sur des actions plus importantes), parfois par inertie… Tout simplement.

Enfin, sur cette base, nous mettrons en place une organisation sous-tendue par des technologies et des outils pour plus d’efficacité (c’est-à-dire obtenir les meilleurs résultats pour un effort donné). J’aurai l’occasion de le préciser : ce site n’a pas vocation à faire l’éloge de la productivité à tout prix. Il s’agit surtout de vous permettre d’être davantage aux commandes. C’est pour cela que je place l’identification de votre « mission de vie » comme préalable.

Mais pourquoi « Selficace » ?

C’est la contraction entre « self » et « efficace », précisant ainsi la vocation du site : vous donner les outils et les méthodes pour être, par vous-même, plus d’efficacité.

 

Pour aller plus loin :