Revue de web – semaine 49

Quel est l’impact de la distraction permanente sur la croissance économique ? de Dan Dixon (en anglais)

Cet article a largement tourné sur les réseaux sociaux cette semaine, pour ceux qui s’intéressent à cette problématique. Son intérêt de rappeler quelques chiffres clés sur la perte d’attention : on serait distrait 50% du temps au bureau. Un utilisateur de portable passe 2h30 par jour à le consulter sur 76 sessions quotidiennes en moyenne.

L’article présente ensuite un graphe mettant en parallèle le volume de ventes de smartphone et la croissance dans les pays développés. Si l’auteur reste prudent sur l’existence du lien de causalité. Il évoque deux influences majeures :

  • Le temps passé les sites de e.commerce ou sur les réseaux sociaux (1 heure par jour en moyenne, pendant la journée de travail, et jusque 2h pour les plus jeunes)
  • Une perte durable de productivité du fait d’un manque de concentration persiste.

 

attention et croissance

 

L’article se clôture en évoquant des pistes pour que les organisations et les individus reprennent le contrôle de leur attention.

Usbek & Rica a publié dans la foulée un article qui complète utilement ce premier billet (surtout vous ne lisez pas l’anglais).

 

Comment Bill Gates lit un livre (en anglais)

Une vidéo de deux minutes, avec un titre un peu trivial. On pourrait se dire que c’est assez simple : il s’assoit, il prend le livre, l’ouvre à la première page et le lit… L’intérêt de la vidéo va au-delà (sinon je ne l’aurais pas citée…). Bill Gates, comme Warren Buffet, fait partie de ceux qui mettent en avant l’intérêt primordial de la lecture. Il me paraissait intéressant d’écouter ce qu’il avait à nous dire.

J’ai retenu plusieurs choses :

  • Bill Gates préfère les livres papier aux livres électroniques, et il les annote – surtout quand il a un point de vue différent de celui de l’auteur (il s’agit donc d’une lecture active – qui l’aide probablement à assimiler le contenu du livre).
  • Il se réserve des plages de lecture d’au moins une heure. J’aurais probablement été moins sensible à ce point si je n’étais pas en train de finir l’ouvrage de Nicolas Carr, the Shallows, (qu’on pourrait traduire par « les pelures » ou « le superficiel ») qui fait de la lecture profonde (à voix basse) un élément clé de la structuration de la pensée. Cette durée permet d’assimiler davantage les thèses d’un auteur, par rapport à une lecture superficielle.

 

 

Prise de tête : le temps (vidéo pilote)

Coup de pouce pour cette vidéo pilote de SBT. Le projet consiste a publié des vidéos permettant de mieux comprendre nos comportements professionnels ou personnels. Premier sujet, le temps.

Personnellement, j’ai bien aimé le format court et dense (moins de 8 minutes). C’est bien documenté. Il y a quelques défauts de jeunesse (c’est un pilote). Mais à l’heure où je publie ce billet, elle a moins de 500 vues -elle en mérite beaucoup plus.

 

 

 

 

Il n’y a pas assez de philosophes du numérique – interview de Luc de Brabandère

Après ma revue de web de la semaine dernière évoquant un entretien intéressant d’Ubsek & Rica avec Luc de Brabandère, l’USI a republié un lien sur son fil twitter vers une interview de mai 2016. Il raconte à peu près la même chose que la semaine dernière (en parlant du livre Homo informatix). L’ai-je retweeté à un meilleur moment, le titre est-il meilleur ? En tout cas, il s’agit d’un de mes tweets les plus populaires de la semaine dernière.

NB : je trouve l’article de la semaine dernière plus complet, mais l’USI met en avant ses conférences et des formats écrits plus courts.

 

« Les élites ne veulent pas partager l’intelligence – Interview » de Laurent Alexandre par Usbek & Rica

L’actualité en ligne de Laurent Alexandre reste vive. Son livre sur la Guerre des intelligences continue d’alimenter le débat (je l’ai pas encore lu, mais ça ne saurait tarder). L’interview reprend quelques formules ciselées voire chocs :

  • « Donne-moi ton QI, et je vais te donner ton espérance de vie, combien tu vas gagner, ta place dans la société, ta capacité à comprendre le monde, ce que vont faire tes enfants »

  • « Quand je dis qu’on sera le Zimbabwe de 2080, je suis optimiste ».

On n’aime ou on n’aime pas le personnage. Il contribue à alimenter le débat sur l’avenir de la société dans sa globalité du fait de l’évolution des technologies (et particulièrement les progrès de l’intelligence artificielle) en intégrant une dimension politique et géopolitique.

 

La guerre des intelligences - Laurent Alexandre

 

Le minimalisme, l’idée d’une vie plus simple ?

Simon Tripnaux a rediffusé cette semaine une interview croisée de quelques blogueurs parlant de minimalisme. Le concept est simple : se contenter de l’essentiel plutôt que de vouloir combler le vide de nos vies dans l’hyperconsommation. A réfléchir alors que l’ensemble des décorations de Noël sont bientôt déployées.

MinimalismeCrédits photo : Scott Webb – Unsplash

 

Wespr, comment la blockchain peut révolutionner l’édition ?

Le blog du modérateur propose une interview d’Olivier Sarrouy, maître de conférences à l’université de Rennes 2, qui a développé, avec son équipe un prototype d’une plateforme d’auto-édition s’appuyant sur les technologies de la blockchain. Le projet, Wespr (prononcé « Whisper ») propose un écosystème permettant principalement aux écrivains de viabiliser leur projet d’édition en publiant leurs œuvres sur la plateforme. Adossé à une monnaie virtuelle (le bitcoin s’appuie sur la blockchain), le service permettrait de favoriser les contributions et de rémunérer les auteurs en fonction de l’attention qu’on porterait à leurs œuvres.

Olivier Sarrouy a l’ambition de lever des fonds en 2018 pour développer pleinement l’audience de ce service. A titre personnel, je trouve que les constats sur le monde de l’édition sont pertinents. Je trouve très intéressante l’idée de réfléchir à la algorithme qui permette de rétribuer les personnes en fonction du niveau d’attention qu’elles suscitent. Le projet illustre ce que l’on peut faire avec les technologies dites de la blockchain ailleurs que dans les crypto-monnaies.

 

Bug, inteview d’Enki Bilal au Monde

Dans le premier volume de Bug, Enki Bilal décrit le monde en 2041, 15 jours après une gigantesque panne informatique qui nous débarrasse d’internet et de tous les contenus des disques durs. Bien sûr, il s’agit de fiction et d’un point de vue artistique sur le sujet. Enki Bilal exprime dans cette entrevue quelques aspects de sa vision de notre dépendance au numérique.

 

Bug de Enki Bilal

 

J’ai déjà offert la BD à un fan de mon entourage après l’avoir feuilletée rapidement dans une librairie voisine (ce n’est plus un format qui me parle depuis longtemps, mais ça peut donner des idées de cadeau pour Noël).

 

Travail, la soif de liberté – ZeVillage

Le site d’information participatif, qui fait la part belle aux impacts du télétravail, propose une rapide présentation de l’ouvrage de Denis Pennel, paru en septembre 2017, « le Travail, la soif de liberté » dont le sous-titre précise l’ambition : Comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail.

Je n’ai pas encore lu ce livre, mais la présentation est assez convaincante pour que je l’ajoute à ma liste de lecture.

 

Travail, la soif de liberté - Denis Pennel

 

La toile que nous voulons, sous la direction de Bernard Stiegler

Difficile de ne pas évoquer dans cette revue de web la sortie de la Toile que nous voulons (octobre 2017), sous la direction de Bernard Stiegler avec, notamment, des contributions de Julian Assange, Evgeny Morozov et Paul Jorion. L’ouvrage est tiré de l’édition 2015 des entretiens du nouveau monde industriel.

L’information de cette parution m’est parvenue par le site de l’INA. Sans payer au poids, j’ai peur d’être déçu par l’ouvrage : 224 pages pour laisser la parole à une douzaine de personnes, je crains le propos allusif. J’en reparlerai peut-être quand je l’aurai feuilleté.

 

Alan Turing, l’homme derrière la machine –la Méthode Scientifique (France Culture)

Au-delà du très bon titre (faisant référence à la « machine de Turing », un automate avec lequel nous pourrions discuter sans savoir qu’il s’agit d’une machine), j’ai reposté quasi-automatiquement ce tweet de la méthode scientifique. Le film de 2015 Imitation game était assez réussi a donné davantage de visibilité à l’un des pères de l’informatique.

 

 

Cette émission d’une heure est assez pointue (on reste sur France Culture).

 

 

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